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YAAC Talk

YAAC Talk n°4 : la biodiversité, pilier invisible de nos économies

Affiche du quatrième YAAC Talk, consacré à la biodiversité et aux économies africaines

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Le 23 mai 2026, la Youth Alliance for Agroecology and Climate a tenu son quatrième YAAC Talk, consacré à un décalage rarement nommé : « La biodiversité, pilier invisible de nos économies ».

Invisible, parce qu’elle ne figure dans aucun bilan. Pilier, parce que l’agriculture, l’élevage, l’alimentation, la santé et la capacité à encaisser un choc climatique reposent sur elle. C’est ce décalage entre ce que le vivant produit et ce que la comptabilité enregistre qui a occupé la séance.

Un capital, pas un décor

La biodiversité n’est pas seulement la variété des espèces. C’est un capital naturel dont dépendent des activités économiques entières — un capital que l’on consomme sans l’inscrire nulle part, et dont on ne mesure la valeur qu’une fois perdu.

L’écologue Robert Barbault le formulait sans détour, et sa phrase a ouvert la discussion :

« L’économie doit se caler sur les lois de la nature. »

Comprendre cette dépendance n’est pas un exercice théorique. C’est la condition pour bâtir des modèles de développement qui tiennent en Afrique, dans un contexte où les rendements agricoles, la sécurité alimentaire et la santé publique dépendent directement de l’état des écosystèmes.

Deux séquences : l’état des lieux, puis les leviers

La première partie a établi le constat technique : ce que la biodiversité apporte aux systèmes de production, et ce que les changements environnementaux lui font subir.

La seconde a déplacé la question vers la jeunesse. Préserver le vivant ne consiste pas à documenter sa disparition. Il s’agit de faire émerger des solutions, de former, et de donner aux jeunes les moyens d’agir sur une agriculture et un développement plus durables.

C’est le sens de la phrase de Wangari Maathai, prix Nobel de la paix, citée pendant la séance :

« Si tu n’as pas planté, fait grandir et fait vivre un arbre, tu n’as jamais rien fait. »

Trois regards sur le même sujet

Pour cette édition, YAAC a réuni des intervenants venus de la recherche et du terrain :

  • Odilon-Parfait Akotchayé, chercheur, biotechnologue végétal et promoteur de SESAM+ ;
  • Pr Antoine Missihoun, enseignant-chercheur, maître de conférences en génétique, biologie moléculaire et génomique ;
  • Fréjus Tanguy Zinsou, chercheur et consultant spécialisé en production animale, changement climatique et développement rural.

Trois entrées — la plante, le gène, l’animal et le monde rural — sur une question que l’on traite trop souvent depuis un seul angle.

Une question de développement, pas seulement d’environnement

Protéger la biodiversité relève de la sécurité alimentaire, de l’innovation et de l’économie autant que de l’écologie. C’est aussi ce qui rend le sujet accessible : il ne demande pas de choisir entre développement et conservation, il montre que le second conditionne le premier.

La philosophe Virginie Maris renverse d’ailleurs la charge de la preuve :

« À ceux qui demandent : pourquoi protéger la biodiversité ? Il faudrait répondre : pourquoi la détruire ? »

La réflexion ne s’arrête pas à la fin de la séance. Elle se poursuit dans les initiatives de celles et ceux qui veulent une Afrique plus durable, plus résiliente et plus inclusive.